Le chemin du Mouton Noir

Pensées, coups de gueules, articles (...) sur les OGM, la non-violence, le petit Nicolas, l'Humanité (...)

08 avril 2006

Fiches de lecture

Voici quelques résumés de livres, un peu long certes, que j'ai trouvés intéressants. En cliquant sur le titre, vous accédez directement à la fiche de lecture.

Noir dans les camps nazis de Serge BILE

Du côté des petites filles de Elena Gianini BELOTTI

Vers une culture de non-violence de Jean Marie MULLER

Comprendre l’homosexualité de Marina CASTANEDA

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10 avril 2006

Le petit Nicolas

Quand on parle du petit Nicolas, on pense volontiers au personnage attachant de Sempé et Goscinny.

    Sans_titreMais là on ne joue pas dans la même cours. Fini la récré. Agnan, le chouchou, peut rester tranquille. Il n’a rien à craindre. Aujourd’hui, ce n’est pas lui qui va être renvoyé, bêtise faite ou pas.
    Le petit Nicolas dont il est question ici ne fait pas rire. Il est le parfait contre exemple de la maxime « tout ce qui est petit est mignon ». Lui ne se soucie pas de ses camarades. Il cafte pour le moindre pas de travers et Le Bouillon saura tout.
    Quand le petit Nicolas se présente pour être le délégué, ce n’est pas pour le bien commun de la classe. Sa seule ambition est sa réussite personnelle. C’est pour ça qu’il est copain avec Geoffroy Comme il est très riche, il lui donne de l'argent. Il le lui rendra bien!
    Quand le petit Nicolas veut porter le cartable d'Alceste, ce n'est pas pour soulager son dos. Il veut lui voler ses tartines pour les donner à ses copains riches, qui n'ont pas besoin de ça!le_petit_nicolas
    Quand il regarde par le trou de la serrure, le petit Nicolas n’aiguise pas sa curiosité. Il cherche les points faibles de ses compagnons d’école pour les exploiter au mieux. Et comme il ne peut pas toujours tout voir, Rufus est là pour l’aider avec le sifflet de son père.
    Il paraît même qu’il est allé à l’école maternelle pour trouver les futurs Eudes. Eudes est très fort et il aime bien donner des coups de poing dans le nez des copains. Le petit Nicolas pense qu’il pourra détecter ça chez les tout petits.
    Pour finir, il y a Clotaire. Il n’est pas très fort à l’école. Mais comme le petit Nicolas favorise le privé et que les parents de Clotaire sont pauvres et bien il va devoir faire un travail nul toute sa vie.

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14 avril 2006

Vidéo surveillance à gogo

Le petit Nicolas veut nous vendre la vidéo surveillance pour nous « protéger ». Des terroristes ? De nos voisins ? De la grippe aviaire peut être ? L'omni-surveillance nous préserve les uns des autres? Ne nous monte-t-elle pas plutôt les uns contre les autres? Sujet de Philo au bac 2006.

Quand on vit dans l'intimité, cela peut donner lieu à des rumeurs. Vrai. Quand on vit sous les "feux de la rampe", à l'insu de notre plein grès, chacune de nos actions peut être interprétée de toutes les façons possibles. Un exemple. Un système lié à la vidéo surveillance, en Angleterre, permet de déceler automatiquement un mouvement d’agressivité dans la rue. Le système analyse votre comportement et lance une alerte s’il juge que vous êtes en train d’agresser qq’un. Bougez un peu trop et hop, on vous embarque. Mais revenons chez nous, bien que la suite puisse être généralisée à d’autres pays.

La France va mal. Liberté, Egalité, Fraternité.

Nous sommes en train de perdre notre Liberté (une partie du moins) à cause de cette omni-surveillance. On veut nous faire croire que nous sommes en danger, que c'est pour note bien. Pourquoi ne pas attaquer le problème à la base. La misère engendre le désespoir. Le désespéré est très manipulable. De plus, par désespoir, on se bat avec toutes les armes possibles (violence, attentat...).

L'Egalité n'as plus de sens dans ce monde qui ne voit que par le Dieu Pognon. La crise des banlieues en est une des conséquences. Condamnons la misère qui engendre ce contre quoi on veut nous "protéger". Au passage, je pense que ceux qui nous observent sont également ceux qui maintiennent la misère en place.

Quand à la Fraternité, mieux vaut être français depuis plusieurs génération si on veut être soutenu sans quoi on vous laisse moisir dans une banlieue à laquelle on donne un coup de peinture de temps en temps pour se donner bonne conscience.

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21 avril 2006

Noir dans les camps nazis

Ecrit par Serge Bilé (journaliste à RFO)

L’origine du mal

Le nazisme est né bien avant l’heure en Namibie, pays voisin de l’Afrique du Sud. C’est là qu’on été expérimentés les premiers camps de concentration bien avant la seconde guerre mondiale, bien avant l’avènement d’Adolf Hitler.

Les premiers colons allemands ont débarqué en Namibie en 1870. A l’époque, le pays est une mosaïque de peuples divisés. Une désunion que les allemands utiliseront. Lorsque ceux-ci découvrent les richesses du sol (cuivre, diamants), le chancelier Otto von Bismarck envoie, en 1884, Heinrich Goering, père de Herman Goering qui sera plus tard l’un des plus hauts dignitaires nazi, pour étouffer toute velléité de contestation.

Heinrich Goering déplace les populations, parquées dans des réserves raciales et réduites en esclavage. Les exécutions sommaires en cas de résistances et la confiscation des terres et du bétail sont courantes.

Seul un peuple, les Herero, va s’opposer à cette ségrégation. Il propose de mettre les allemands dehors. Ayant écrit aux autres chefs de tribus et n’ayant reçu aucune réponse, les Herero décident en janvier 1904 de se lancer seuls dans la bataille. Après quelques victoires, qui sont autant d’humiliations pour les allemands, la tribu se voit opposer un nouveau commandant germanique, le général Lothar von Trotha. En octobre 1904, il lance un ordre d’extermination à l’encontre des Herero.

Le bilan s’élève à soixante dix mille morts, soit plus de 80% de la population Herero, au bout de quelques mois. Un véritable génocide. En Allemagne, des voies commencent à s’élever contre cette boucherie qui va priver la colonie de … main d’œuvre. L’ordre d’extermination est finalement levé. Les quinze mille survivants Herero, essentiellement des femmes, sont fait prisonniers et regroupés dans des konzentrationslager, des camps de concentration. Le terme apparaît officiellement le 14 janvier 1905.

Malnutrition, mauvais traitements, exécutions sommaires des malades et des plus faibles, un an après, la moitié des détenus sont morts en captivité. Des travaux de stérilisations sont également menés sur les femmes dans ces camps par Eugen Fischer. Ce dernier collaborera naturellement avec les SS, épaulé par son fidèle assistant, le futur bourreau d’Auschwitz Josef Mengele.

Depuis ce drame, les Herero n’ont cessé de se battre pour la reconnaissance et la réparation de ce génocide oublié et nié jusqu’ici. Un génocide dont personne ne s’est réellement soucié à l’époque, sans doute parce que ceux mêmes qu’il frappait étaient africains. 35 ans plus tard, avec l’éclatement de la seconde guerre mondiale, c’est le monde entier qui paiera le prix de cet abominable mépris.

Racisme

            La première expédition allemande en Afrique a lieu en 1681. Les bateaux commencent à ramener des esclaves en Europe. En 1877, les allemands découvrent ces « peuples exotiques » dans des expositions puis, plus tard, dans les zoos humains. Honteuses nouveautés qui connaîtront un immense succès à Berlin, comme à Paris et dans toute l’Europe.

            L’aventure coloniale commence réellement avec Bismarck. Le Reich annexe la Namibie, le Cameroun, le Togo, la Tanganyika (territoire regroupant l’actuelle Tanzanie, le Rwanda et le Burundi). Dans toutes ces colonies, le mélange entre blancs et noirs est interdit. C’est le début de l’apartheid. A partir de 1905, une loi interdit les mariages mixtes. Les allemands épousant des africains perdent leurs droits civiques. Les enfants nés de ces unions ne peuvent porter le nom de leur père allemand.

            Il y a eu trois grands « voyages » d’africains vers l’Allemagne. Les bateaux négriers et les convois des exhibitions exotiques ont précédé à une immigration volontaire. Mais les allemands voient d’un mauvais œil l’émergence de cette nouvelle génération d’africains appelés à rester dans le pays qu’ils ne feront, selon eux, que « souiller » car « les nègres appartiennent à une race inférieure ». Après la première guerre mondiale et la défaite de l’Allemagne, ce mépris se transformera en rejet.

La honte noire

            A la défaite de la Grande Guerre, les allemands se sentent doublement humiliés. Ils ont été vaincus par l’armée française largement composée de soldats noirs, majoritairement africains. Ensuite une partie de leur territoire, la Rhénanie, est occupée, en vertu du traité de Versailles, par cette armée française et ces mêmes troupes coloniales. Et puis l’Allemagne vient de perdre ses colonies.

            Commence alors la propagande anti-noire. Des affiches sur les murs caricaturent des noirs en train de dévorer des enfants allemands. Cette propagande se fait aussi grâce aux films. Puis c’est la création d’un journal, la honte du Rhin, et de deux associations hostiles aux noirs. Les protestations allemandes contre ces troupes coloniales trouvent un large écho en Europe et en particulier dans l’opinion et dans la presse anglaises.

            Ce qui irrite surtout les allemands, c’est de voir des couples mixtes se former et surtout de voir des femmes allemandes porter le fruit de ces amours « sacrilèges » donnant naissance à des métis. « La race aryenne est en danger ».

            C’est dans ce climat de haine et de xénophobie qu’Adolf Hitler fait son entrée en politique. Il cultive, lui aussi, de solides préjugés nourris notamment par les écrits du racialiste Eugen Fischer. Il les consignera méticuleusement dans Mein Kampf, où il dénonce ouvertement la collusion entre les noirs et les juifs. En 1932, lors d’un discours, Hitler menace d’envoyer « les africains et les juifs dans les camps de concentration s’ils ne quittent pas l’Allemagne immédiatement ». Mais où aller ? Ces « africains » sont nés en Allemagne et n’ont pas de familles ailleurs. Certains iront en France. D’autres rentreront dans les anciennes colonies du Reich mais ne seront pas mieux accueillis et se verront refuser le statut de réfugiés au motif qu’ils auraient pu servir dans l’armée allemande pendant la première guerre mondiale. Pour ceux qui restent, ce sera bientôt l’enfer.

Hitler arrive au pouvoir et la guerre éclate

            Quand il parvient au pouvoir en 1933, Hitler construit des camps de concentration pour y jeter ses opposants. Le premier est celui de Dachau en mars. Deux ans plus tard, en septembre 1935, c’est la promulgation des fameuses lois de Nuremberg. Des lois qui visaient les juifs mais également les noirs. Dès ce moment, tous les afro-allemands sont privés de la citoyenneté allemande et leurs passeports sont confisqués. Les mariages mixtes sont bannis ou annulés. Les enfants noirs sont exclus des écoles. En fait toute liaison avec un « aryen » ou une « aryenne » est défendu en vertu de la loi « sur la protection et la sauvegarde du sang et de l’honneur allemands ».

            En revanche, les nazis ne voulaient pas qu’on s’en prenne aux Arabes, susceptibles d’être bientôt de puissants alliés contre les juifs. Hitler ira jusqu’à créer une légion arabe destinée à l’Orient et intégrée à la Wehrmacht.

            En 1936, Hitler réoccupe la Rhénanie et s’attaque à ce qui représente à ses yeux le symbole de l’humiliation allemande : les quelques 800 enfants métis nés pendant l’occupation. La moitié est envoyée dans les camps de concentration. L’autre moitié est stérilisée de force par le bourreau des Herero, Eugen Fischer. Un programme de stérilisation étendu par la suite à tous les afro-allemands du pays.

            C’est cette même année que Hitler sera humilié lors des jeux olympiques de Berlin par Jesse Owens.

            Durant toute la guerre, le sort des noirs, soldats, résistants ou civils, est le même s’ils tombent aux mains des nazis. Ils sont abattus froidement, envoyés dans les stalags, humiliés, transformés en cobaye pour des essais médicaux. Combien de soldats et de civils noirs sont partis dans les camps de concentrations ? Combien sont maltraités ? Combien sont morts ? On ne le saura jamais car il n’existe pas de comptabilité précise. Leur sort n’intéressait pas grand monde, à commencer par la France qu’ils étaient pourtant venus défendre. Ceux que l’on appelait les Tirailleurs Sénégalais. Cela ira même plus loin. Après les camps allemands, ils découvrent les prisons françaises. Pour justifier ce geste, la hiérarchie militaire expliquera que ces soldats africains avaient été « intoxiqués » dans les stalags par la propagande allemande.

            En Afrique noire, l’esclavage fait place à la colonisation. Seuls le Libéria et l’Ethiopie réussissent à chasser en 1941 les troupes de Mussolini. En Afrique du Sud, c’est le grand paradoxe. Le gouvernement, tout en épousant les thèses racistes d’Hitler, prend le parti des Alliés contre l’Allemagne. Un ralliement qui a toutefois ses limites. Après la défaite nazis en Afrique du Nord, des prisonniers allemands sont acheminés au Cap et exhibés dans les rues. Une scène vécue comme une provocation par les nationalistes sud-africains, furieux qu’on puisse humilier de la sorte des blancs devant des noirs. Ces soldats prisonniers seront donc par la suite envoyés en Australie.

            Le 26 Août 1940, Félix Eboué, premier gouverneur noir de l’histoire de France, proclame le ralliement du Tchad au général de Gaulle. C’est le début du redressement de l’empire, avec un recrutement massif de Tirailleurs Sénégalais et l’envoie des premières forces armées de la France libre. Un véritable tournant de la guerre. L’Afrique donne des soldats mais offre aussi beaucoup d’argent. Sauf qu’on fera tout, quatre ans plus tard, pour que Paris ne soit pas libérée par ces soldats noirs, ces êtres inférieurs !

Finalement en Allemagne comme chez nos alliés, on n’aurait pas cru sans le lire que la couleur du désespoir là bas aussi ce fût le noir (Pierre Perret, Lily).

            De nombreux témoignages jalonnent ce livre. Des résistants, des soldats, des personnalités politiques françaises ou africaines, de simples citoyens qui ont, à un moment, attirés l’attention de leurs compagnons d’infortune, dans ces camps allemands. Pour diverses raisons, on se souvient d’eux. Mais beaucoup, des milliers, et plus encore, restent oubliés.

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16 mai 2006

Du côté des petites filles

écrit par Elena Gianini Belotti en 1973

Avant toute chose, il faut savoir, et ceci devra rester à l’esprit durant toute la lecture, que ce livre a été écrit durant les années 70, en Italie. Il peut sembler donc, sur certains points, obsolète.

Les préjugés

Tout d’abord, cassons un préjugé bien enraciné dans les esprits. C’est le père qui détermine le sexe de l’enfant grâce à ses spermatozoïdes. On sait ça depuis 1956. Il est donc absurde de dire « ma femme m’a donné un beau mâle » ou « ma femme ne sait faire que des filles ». Pourtant cette croyance populaire persiste. Les préjugés défient le temps, les changements, les démentis car ils présentent une utilité sociale. L’insécurité humaine a besoin de certitudes. Les préjugés en fournissent. Leur force réside dans le fait qu’ils sont présentés comme vérités indiscutables depuis l’enfance et ne sont jamais plus remis en question par la suite. Pour les réfuter, il faut non seulement une prise de conscience très aiguë, mais aussi le courage de la rébellion qui n’est pas le fait de tous. La rébellion suscite l’hostilité et la réprobation envers celui qui tente de subvertir les lois de la coutume, plus profondes et plus tenaces que les lois écrites. Où les femmes pourraient-elles trouver le courage de s’opposer aux préjugés qui pèsent sur elles alors que l’éducation qui leur est réservée les programme pour en manquer ?

Le besoin de cataloguer les être humains utilise toujours la division la plus élémentaire, la plus évidente (sexe, race, âge, religion…), celle qui a toujours été admise par une tradition millénaire. La première catégorie est celle du sexe : elle est une forme de racisme, mais elle a une telle apparence de naturel qu’elle ne permet aucun soupçon sur son injustice et sa fausseté. Bien loin d’être un fait naturel, c’est un fait culturel. Et personne ne se scandalise de cela. Des personnes qui sont très sensibles à d’autres aspects du racisme restent imperturbables en face de ce comportement typiquement raciste qui veut qu’un être considéré comme inférieur se mette au service d’un être considéré comme supérieur.

Un garçon ou une fille ?

La période de l’attente d’un enfant est dominée par cette question : un garçon ou une fille ? Aux Etats Unis, contrairement à chez nous, il est possible de se soumettre à un test pour connaître le sexe de l’enfant, après le 5eme mois. Mais ici il existe beaucoup de recettes populaires pour le faire. Lorsqu’on les examine dans leurs détails, elles trahissent toutes le désir et l’espoir que ce soit un garçon. Celles qui annoncent une telle naissance sont en effet positives. Nombreux sont les indices qui concernent le côté  droit du corps, considéré comme le plus important (le ventre plus gros à droite…). De même le caractère de la mère, sa beauté lors de la grossesse, la vitalité du fœtus … A ce propos, avant d’en venir à la conclusion que l’âme fait partie du fœtus au moment même de la conception, les théologiens avaient établi que dans le cas d’un garçon, cela advenait précisément 89 jours après la conception, et dans le cas d’une fille, au moins 39 jours plus tard. Cette question est bien sûr postérieure à la question de savoir si la femme a ou non une âme, doute qui a si longtemps persisté.

L’hostilité envers le sexe féminin va plus loin encore. La croyance diffuse, en effet, que l’on accouche d’un garçon plus facilement que d’une fille, comme si le fœtus participait d’une certaine manière au mécanisme de l’accouchement. La vérité est que la fille est moins désirée et aussi que sa valeur sociale est considérée comme inférieure à celle du garçon. Cette hostilité est si violente qu’elle peut compliquer l’acte même de l’accouchement, acte physiologique dans lequel le fœtus est complètement passif. Une autre croyance maintenant très répandue, est que les petites filles pleurent plus que les garçons à la naissance. Hors la manière dont se déroule l’accouchement a de l’influence sur l’humeur du bébé. Mais le froid, la lumière, le manque de délicatesse également. Et puis chaque nouveau né a un tempérament très marqué et qui est très différent de l’un à l’autre.

Le conditionnement des enfants

Du fait que depuis des temps immémoriaux, les garçons sont conditionnés à l’activité et à l’agressivité et les filles à la passivité et à la soumission, on en déduit qu’il s’agit d’un fait naturel lié à la biologie. Comment cela se passe-t-il ?

Pour reproduire des individus qui consentent à un destin « prédéterminé » commençant dès la naissance, il est nécessaire de recourir  à un système de conditionnement adéquat. Le premier élément de différenciation est la couleur de la layette qu’on prépare pour le nouveau né. Comme on ne connaît pas le sexe de l’enfant à venir, on choisit une couleur adaptée aux deux sexes. Le rose étant parfaitement exclu pour un garçon, cette couleur ne sera prise que lorsque la petite fille sera née. Pour le garçon on prendra du bleu ciel.

On ne laissera pas une petite fille nue, à la vue de tout le monde. On tend à lui inculquer dès le début le sens « inné » de la pudeur. A l’inverse, le garçon sera montré et on flattera même ses attributs. Les jeunes enfants vont percevoir cela comme une valorisation du sexe masculin et donc à l’inverse une dévalorisation du sexe féminin. Tout cela est inconscient pour les enfants comme pour les adultes mais les conséquences se feront sentir plus tard. Pour résumer, la sexualité du garçon est montrée et acceptée, souvent même gratifiée. Pourtant les filles et les garçons découvrent leur sexe à la même période et s’amuse avec leurs organes génitaux en y trouvant le même plaisir évident. Mais ce que l’on considérera généralement avec une certaine indulgence chez le garçon sera réprimé durement chez la petite fille. On peut parfaitement devenir une femme sans vivre sa propre sexualité, alors qu’on ne peut devenir un homme si on ne la vit pas pleinement, les stéréotypes en font foi.

L’enfant habillé, il faut le nourrir. L’intimité physique entre la mère et l’enfant, lorsqu’il est nourrit au sein, rassure ce dernier sur l’importance de son bien-être et sur la place qu’il occupe dans la vie de la mère, et par conséquent dans le monde. Les marques de tendresse accompagnant le rite des tétées persuadent intimement le bébé que son corps est digne d’amour. De même, il y a une manière de dire « dépêche toi » ou « prend ton temps » que le nouveau né perçoit très bien. L’avidité chez les filles étant moins tolérée, la mère aura tendance à la faire arrêter plus tôt, à la presser. La petite fille perçoit cette attitude comme dévalorisante. Elle se sentira moins importante. Au contraire le garçon sera plus choyé dans ces moments là. C’est le début de sa perception de supériorité, dont il n’est pas encore conscient. La mère elle même ne se rend pas compte de cela.

L’enfant apprend de deux façons. Par imitation et par identification. La parole, par exemple, s’apprend par imitation. L’enfant imite la personne qui est la plus proche de lui. Ainsi, qu’il soit garçon ou fille, si on lui donne un pantin ou une poupée, l’enfant va la serrer contre sa poitrine comme il a vu sa mère le faire. C’est l’adulte qui visera à différencier l’imitation du garçon de celle de la fille. On donnera plus une poupée à une fille et une peluche (un animal ayant une vague ressemblance humaine) à un garçon. Le rôle de la mère est ainsi donné à la petite fille, qui va bercer sa poupée, tandis que le petit garçon va simplement faire des gestes de tendresse. L’identification est un phénomène plus profond. S’identifier à un autre signifie « être l’autre ». Dans un premier temps, chaque enfant s’identifie à la mère. Plus tard, le garçon s’identifiera au père. Et les modèles de père et mère sont tellement différents, que s’identifier à l’un revient finalement à se différencier de l’autre. Si la division des rôles n’était pas si nette entre les deux sexes, si la personnalité des parents n’était pas aussi opposée, l’identification pourrait être croisée (le garçon et sa mère, la fille et son père). Ce ne serait plus considéré comme dégradant que le garçon s’identifie à sa maman.

Dans le domaine du jouet, tout est également prédéterminé. La plupart sont conçus pour les garçons ou pour les filles, en rapport étroit avec les différents rôles qu’on attend d’eux. Ustensiles de cuisine, trousses d’infirmière, poupées et leurs maisons pour les filles. Moyens de transport terrestre ou aérien, matériels de construction, pistolets, sabres, pour les garçons. Le rôle est déterminé jusque sur les boites de ces jouets où l’enfant visé est mis en photos. De même que la couleur, le rose et le bleu, est respectée pour les jouets des tout petits, que l’on suspend au dessus du berceau. Là encore, c’est l’adulte qui oriente le choix suivant une norme, suivant ses préjugés. On voit souvent des enfants de sexe différent dans les crèches jouer ensemble, avec des jouets destinés aux uns ou aux autres. Ici c’est l’adulte qui dira stop. Et remettra les filles à leurs jeux de filles et les garçons à leurs jeux de garçons. Et si ces derniers ne font rien, on respectera leur oisiveté. Chose qui ne sera pas acceptée chez les filles.

Le littérature enfantine joue, elle aussi, son rôle dans le conditionnement. L’homme est toujours le héros. Il est toujours celui qui assure la survit de la famille grâce à son travail. C’est lui que les femmes attendent au travers des traits du prince charmant. La femme au contraire est à la maison. Elle fait les tâches ménagères. Elle élève les enfants. Elle attend qu’on vienne la délivrer, l’aider car elle se met toujours dans des situations impossibles. Quand on parle de magie, la femme est la sorcière, méchante, dangereuse, l’homme est le magicien, gentil, sauveur. Dans les comptes de Grimm, 80% des personnages négatifs sont des femmes. Dans Blanche neige, lorsque les 7 nains acceptent de lui donner l’hospitalité, les rôles se mettent en place. Eux iront travailler, elle tiendra la maison, balaiera, cuisinera en attendant leur retour. Les dessins accompagnants les textes sur les livres des plus jeunes sont également clairs sur le rôle de chacun.

Ce conditionnement, s’il ne se fait pas dans certaines familles, sera ressentit par les enfants à l’école. Ainsi la petite fille dynamique, agressive sera mise à l’écart par ses camarades de même sexe. De la même façon le garçon timide, efféminé sera rejeté.

Tous ces moyens éducatifs ont pour but d’apprendre à chacun à tenir sa place. Les filles apprennent ainsi à se mettre au service des garçons qui, eux, apprennent à se faire servir mais aussi à faire vivre la famille. On estime qu’à 5 ans, tout est joué. L’adéquation aux stéréotypes masculins et féminins est déjà réalisée. Le garçon agressif, actif et dominateur est déjà modelé. Il en va de même pour la fille, soumise, passive et dominée. Mais alors que la garçon s’est trouvé contraint de s’adapter à un modèle qui non seulement lui permet, mais l’oblige à se manifester et à se réaliser le plus possible (compétition, succès, victoire) la fille, elle, a été contrainte à prendre la direction opposée, autrement dit celle de la non-réalisation de soi. Du fait de ce conditionnement réducteur, la plus grande part de son énergie vitale se trouve freinée, bloquée, puis déviée vers un « masochisme féminin » malsain.

Intuition féminine

                Chez quelqu’un qui a été programmé pour être dominé, l’intelligence est une qualité si gênante qu’on fait tout ce qu’il est possible de faire pour la décourager dès qu’elle se manifeste, afin de ne lui donner aucun moyen de devenir consciente. On exalte au contraire la supériorité de l’intuition féminine, car cela arrange celui qui domine de voir ses propres désirs compris avant même qu’ils ne soient formulés, et satisfaits par une personne conditionnée à considérer les besoins des autres comme passant avant les siens propres, et souvent même allant à l’encontre des siens. L’intuition féminine, si exaltée, est universellement considérée comme une émanation « naturelle » chez un être biologiquement destiné à la maternité et à l’éducation des enfants, donc doté « naturellement » des pouvoirs divinatoires qui lui permettent d’agir au mieux envers eux. Cette intuition est également le produit du conditionnement à la soumission, et de la nécessité qui en découle, de constamment tenir compte des idées, des humeurs, des réactions et des désirs de ceux qui dominent.

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03 juin 2006

Vers une culture de non-violence

Jean Marie MULLER

Membre fondateur du Mouvement pour une Alternative non-violente (MAN)

Directeur des études à l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC)

En 1983, le ministre de la défense lui demande une étude sur la défense civile non-violente

Idées en vrac du livre de Jean Marie Muller: « Vers une culture de non-violence »

Changer les paroles de la Marseillaise qui appellent à prendre les armes pour qu’un « sang impur » abreuve leur terre.

Culture de la guerre : les citoyens sont invités à venir applaudir l’armée qui parade. Pourtant le 14 juillet 1789, ce n’est pas l’armée qui a pris la Bastille, mais c’est la Bastille qui fut prise à l’armée.

Durant la première guerre mondiale, Freud cite l’exemple de ces Africains qui, lorsqu’ils revenaient vainqueurs du sentier de la guerre, devaient se soumettre à de dures pénitences pour expier leurs meurtres avant de réintégrer leur communauté. Ils portaient le deuil de ceux qui étaient mort de leur propre main. Et Freud concluait que ces hommes primitifs faisaient preuve d’une délicatesse morale dont les hommes civilisés se montraient incapables.

C’est parce que les hommes refusent d’être lâches qu’ils acceptent de faire la guerre. C’est vrai tout particulièrement pour les soldats de la première guerre mondiale. Ce qui caractérise la culture de la violence, c’est que le citoyen se croit enfermé dans une situation où il n’aurait le choix qu’entre la violence et la lâcheté. Et parce qu’il refuse d’être lâche, il accepte d’être violent.

Les résistants, pendant la seconde guerre mondiale, ont eu raison de faire ce qu’ils ont fait. « Mieux vaut la résistance violente que la résignation lâche. Dès lors on peut avoir trois possibilités : la violence, la lâcheté et la non-violence. » Mais la non-violence absolu n’est pas possible dans notre monde. Ceci dit, il ne faut pas tomber dans le piège de la violence en la justifiant par la violence de l’autre (comme au moyen orient par exemple).

La violence n’est-elle pas parfois une nécessité ?

Certes, dans telle ou telle situation, la violence peut apparaître nécessaire, mais elle n’en devient pas pour autant légitime. Le plus souvent, on récuse la non-violence sous prétexte que la violence est parfois nécessaire. Mais la question est de savoir quand la violence est strictement nécessaire. « Je crois précisément que c’est l’option pour la non-violence qui dispose le mieux l’homme à ne recourir à la violence que sous la contrainte de la stricte nécessité. »

L’homme est un être de relation. Il ne construit son identité que dans son rapport avec l’autre homme, à travers une relation de réciprocité, dans la reconnaissance et le respect de la dignité de chacun. Lors d’une conférence, Albert Jacquard a expliqué la façon dont chacun d’entre nous se construisait. « Le surhomme n’existe pas. Ce n’est ni moi, ni toi, c’est nous. C’est l’autre qui fait ce que je suis. »

La violence est la matière première de l’actualité. Une telle information crée une émotion publique et non pas une opinion publique. On nous informe sur la violence en tant que violence, et non pas comme l’expression d’un conflit humain qui a ses causes, ses conséquences, mais aussi ses solutions. Et une image va chasser l’autre. On va passer d’un drame à un autre, d’une guerre à une autre, d’un massacre à un autre, sans que nous ayons eu le temps de comprendre les véritables enjeux de ces évènements, sans que nous ayons pu situer notre propre responsabilité et donc notre possibilité d’agir.

L’école a pour projet principal d’offrir aux jeunes des qualifications professionnelles, dont nous savons qu’elles ne leurs donnent aucune garantie de trouver un emploi. Il faudrait baser la société sur l’apprentissage de la rencontre à l’école. «L’école doit former des citoyens, l’enfant à tout le temps d’apprendre un métier. »

Jusqu'à présent, le travail a été une contrainte que a pesé sur l’homme, il a été la cause d’une réelle aliénation. L’une des conséquences les plus graves de cette aliénation a été de privé l’homme de la réflexion philosophique et de l’action politique. Tout le temps de l’homme s’est trouvé confisqué par son activité économique. Il ne suffit donc pas de réduire le temps de travail, mais il faut restructurer entièrement le temps de notre vie.

Il convient, pour toute transgression de la loi, de prévoir une sanction, mais celle-ci doit être davantage une réparation qu’une punition. Il importe que les élèves comprennent le sens de ces règles et, pour cela, le mieux est de les faire participer à leur élaboration. L’éducation doit apprendre l’obéissance à la loi, mais l’obéissance ne saurait résulter d’un rapport de domination-soumission entre l’adulte et l’enfant. L’autorité de l’adulte doit prévaloir, mais à travers un processus de communication et de dialogue. Il faut que l’enfant s’approprie l’espace scolaire comme un endroit où il a droit à la parole.

Il faut répondre à la violence en tentant de rétablir la communication. Le pire serait de répondre à l violence par la violence. Ce serait un formidable aveu d’impuissance de la part de la société. Il faut donc répondre à la violence en mettant en œuvre une stratégie non-violente qui vise à créer des lieux où la rencontre redevient possible, des espaces intermédiaires où des médiateurs pourront rétablir la communication.

Gandhi affirmait qu’il était essentiel que les moyens d’une action soient cohérents avec sa fin. Il affirmait qu’entre la fin et les moyens, il y avait un rapport aussi inéluctable qu’entre l’arbre et la semence, et que l’on récoltait exactement ce que l’on avait semé.

A partir du moment où la vérité est un absolu et où l’on prétend posséder cet absolu, celui qui ne partage pas cette vérité, ou pire, qui la conteste, est considéré comme un ennemi qu’il convient de combattre et d’éliminer. La violence devient naturellement le moyen de défendre la vérité. On retrouve ici toute la logique des idéologies intégristes.

L’homme qui a la foi mais qui ne possède pas la sagesse est un homme dangereux. Il croit, c'est-à-dire il croit posséder la vérité, il croit même qu’il détient la vérité des mains même de dieu. Il se croit investi sur terre d’une mission divine qui consiste à faire connaître aux hommes la vérité. Il est déjà dans une logique d’intolérance, d’exclusion et de violence. La foi sans la sagesse, c’est l’intolérance, l’intégrisme, la violence et le meurtre.

Le grand inquisiteur, les croisés, les colonisateurs, les auteurs du massacre de la Saint-Barthélemy, l’assassin de Gandhi, les dictateurs militaires d’Amérique Latine, les groupes islamiques armés, les talibans, les miliciens serbes étaient des hommes de foi.

C’est la sagesse et non pas la foi qui nous garantit contre les pires cruautés des hommes.

Ce que Jésus a montré à travers sa vie et surtout sa mort, c’est que la véritable résistance à la violence, c’est de refuser d’imiter la violence de celui qui vous fait violence, c’est de tendre la joue droite à celui qui vous frappe sur la joue gauche, afin précisément de rompre l’engrenage de la violence. Il récuse la vieille loi du talion « œil pour œil, dent pour dent, mort pour mort » qui prolonge indéfiniment le cycle des revanches et des vengeances. Gandhi a dit « œil pour œil, et le monde deviendra aveugle ».

Quand finirons nous de justifier nos violences par celles des autres ? Encore une fois, le drame, c’est précisément que nous nous ressemblons et que nous nous imitons les uns les autres.

Tous les hommes sont semblables, ils ont les mêmes requêtes, les mêmes désirs, les mêmes peurs, les mêmes souffrances, les mêmes espérances. Les occidentaux doivent renoncer à la prétention de vouloir donner des leçons au monde entier.

Jusqu’à présent, les hommes ont pensé rechercher l’universel à travers l’universalité de leur propre culture ou de leur propre religion. C’est ainsi que les chrétiens ont rêvé de baptiser tous les hommes, les musulmans d’imposer la loi islamique à toutes les sociétés, les occidentaux d’apporter leur civilisation à tous les peuples, les communistes de faire prévaloir leur idéologie dans le monde entier. Le moment est venu de rompre une fois pour toute avec cette vision totalitaire de l’universel.

Pour que la non-violence puisse véritablement marquer de son influence la vie de nos sociétés, il faut qu’elle soit prise en compte par leurs institutions. Par exemple, dans le domaine de l’éducation, il ne suffit pas que quelques enseignants, par conviction personnelle, s’efforcent d’introduire la non-violence dans leur pédagogie et dans leur enseignement. Il faut que ce soit l’établissement scolaire dans son ensemble qui prenne en compte la non-violence. Il faut passer de la conviction personnelle de quelques enseignants à l’engagement de l’ensemble de la communauté éducative. En Normandie par exemple a été crée l’IFMAN (Institut de Formation du MAN) qui travaille de plus en plus avec dans le cadre des établissements de l’éducation nationale. C’est ainsi qu’une formation à la non-violence est donnée dans certains IUFM.

L’assemblé des nations unis a adoptés le 10 novembre 1998 une résolution qui déclare les dix premières années du IIIe millénaire « décennie internationale de promotion d’une culture de paix et de non-violence au profit des enfants du monde ». Cette résolution invite les états à prendre  les mesures nécessaires pour que la pratique de la non-violence et de la paix soit enseignée à tous les niveaux de leurs sociétés respectives, y compris dans les établissements d’enseignement.

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Vers une culture de non-violence

Vous trouverez en cliquant ici une fiche de lecture du livre de Jean Marie MULLER sur la non-violence.

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21 juillet 2006

Comprendre l’homosexualité

« Comprendre l’homosexualité » est un livre de Marina CASTANEDA. Il est destiné principalement aux homosexuels, leurs familles et leurs thérapeutes. Il a été écrit en 2001.

L’homosexualité actuelle nous montre des modèles alternatifs de couple, de communication et de sexualité. Elle est illustrée par des traits, des conduites et des formes de relation qui vont au delà des rôles traditionnels dictés par la société. On trouve dans ce livre de nombreux exemples et témoignages, ainsi que de nombreuses recommandations pour les thérapeutes et les homosexuels eux-mêmes. Pour renforcer son étude, l’auteur s’appuie sur des études et des textes rédigés par des spécialistes, notamment de Sigmund FREUD.

Dans la société, contrairement à l’hétérosexuel qui se comporte toujours comme tel, l’homosexuel va changer ses attitudes, ses gestes, sa façon d’entrer en relation avec autrui, selon qu’il est au bureau, en famille, entre amis. Il est habitué à cacher une grande part de son être. De plus, l’homosexuel n’a pas été éduqué pour l’être et manque donc d’apprentissage.

Qui est « homo » ?

Nous n'avons pas conscience de nos sentiments amoureux ou de nos désirs. Nous ne savons pas nécessairement quand ils sont apparus. Une personne peut se sentir fortement attirée par une autre sans en avoir conscience. Deux personnes de même sexe peuvent tout partager et devenir indispensable l'une pour l'autre, sans jamais soupçonner que leur relation ressemble étrangement à l'amour. L'élément qui manque est la présence ou non d'attraction sexuelle (difficile à détecter notamment chez les femmes). Il semble que la perception de nos sentiments ou désirs n'est pas nécessairement fiable. Ainsi, ils ne suffisent pas plus que les actes pour justifier si on est ou non homosexuel. Dans tous les cas, il manque l'identité homosexuelle, qui comprend la conscience et l'acceptation de tous les éléments. Or tous ces éléments ne se manifestent pas simultanément. Ils ne surviennent pas non plus dans le même ordre chez tout le monde. C'est le résultat d'un long parcours. C'est la raison pour la quelle on peut dire que les gens ne naissent pas homosexuel.

Qui peut dire avec certitude qu'une personne est homosexuelle? L'important de nos jours est de savoir comment une personne se définit elle même. Aujourd’hui, beaucoup d'auteurs font cette distinction : un homosexuel a des conduite homosexuelle mais ne s'assume pas comme tel, alors qu'un « gay » assume pleinement et fièrement son orientation sexuelle. En fait, le problème de l'homosexualité réside dans la difficulté de l'assumer devant soi-même et devant les autres. Certains homosexuels font semblant de vivre seul ou s'invente une vie de couple « hétéro » avec une femme complice. Il y en a d'autres qui vont jusqu'à se marier et avoir des enfants pour maintenir le mythe de leur hétérosexualité face aux autres et face à eux-mêmes. Du coup, tous se condamnent à une vie de mensonge, de falsification qui sera de plus en plus dure à tenir.

Alfred KINSEY, dans les années 50, a développé une échelle portant son nom comprenant 7 catégories : de « exclusivement hétérosexuel » à « exclusivement homosexuel ». La grande majorité des gens se situe dans les cinq valeurs intermédiaires. Grâce à cette échelle, on ne peut plus classer les homosexuels comme des pervers, des malades ou des criminels.

Confusion des genres

A l'âge de trois ans, l'enfant s'identifie, soit comme un garçon, soit comme une fille et apprend à se conduire comme tel. Certains peuvent s'identifier à l'autre sexe. Ils seront catalogués comme différents par leur camarade. Cette confusion de genre n'est pas, elle même, un signe précurseur d'homosexualité. Mais beaucoup d'homosexuels rapportent qu'ils se sont sentis identifiés très tôt à l'autre sexe. Dans une étude faite sur deux groupes de garçons, un efféminé et l'autre "normal", durant 15 ans, on a vu que la moitié des garçons du premier groupe était devenu homosexuel tandis que la totalité du second groupe était devenu hétérosexuel. On peut analyser cette étude de cette manière : un garçon efféminé va être surprotégé par sa mère tandis que son père va s'éloigner de lui. Ces attitudes affecteront probablement le développement psycho sexuel de l'enfant. Ne pourraient-elles pas contribuer à son éventuelle homosexualité ? D'où également une des explications psychanalytiques selon laquelle l'homosexuel n'aurait pas eu de modèle masculin (éloignement du père).

La notion de sexe « faible », sexe « fort », qui nous vient de l’éducation, se vérifie ici. Les filles sont mieux vues que les garçons si elles s'apparentent à l'autre sexe car les filles agissant de cette manière gagnent en pouvoir et en prestige, tandis que les garçons se rabaissent.

L'homosexualité ne se voit pas. Pourtant les clichés selon lesquels l'homo est un homme efféminé, ou une femme masculine sont aussi répandus dans l'imaginaire social qu'il y a 50 ans. Être « homo », signifie  « être moins homme » ou « être moins femme », du moins dans la culture populaire. Ces stéréotypes font également du tort aux « hétéros » qui ne respectent pas les apparences et les rôles dictés par la société. Est-ce que ces images sont les mêmes partout ? Dans certaines cultures, on considère que l'homosexualité féminise l'homme et donc le rabaisse. Dans d'autres, au contraire, elle le masculinise. Celui-ci doit alors entretenir des relations avec d'autres hommes car cela lui donne force et courage. En fait, la signification change avec le contexte social et culturel. Les actes ne sont pas des critères, en eux-mêmes, d'homosexualité car ils n'ont pas la même signification partout. En Amérique latine, c'est la nature de l'acte sexuel qui définit l'orientation. Ainsi l'homme pénétré est homosexuel car il prend le rôle de la femme, alors que l'homme qui pénètre est hétérosexuel. En revanche, au USA ou en Europe, toute personne qui a des relations érotiques avec quelqu'un de son sexe est considérée comme homosexuel.

D’où vient l’homosexualité ?

De très nombreuses études ont été menées pour expliquer l’homosexualité. Hors, il n'y a pas une seule explication mais plusieurs, qui agissent conjointement : biologique, sociale, culturelle, familiale et personnelle. En fait, on n'a pas réussit à mettre en évidence des différences sensibles entre l'enfance ou la dynamique familiale chez les homosexuels et les hétérosexuels. Lors d’une autre étude en 58, une psychologue américaine a appliqué une batterie de tests à deux échantillons d'hommes (homo et hétéro). Après évaluation des résultats, il n'a pas été possible de différencier les homosexuels des hétérosexuels, ni de trouver une pathologie qui puisse indiquer l'homosexualité. On n’a pas non plus trouvé, pour l’instant en tout cas, de raison biologique (un gène par exemple) à cette orientation sexuelle.

Pour résumer, il y a deux grandes conceptions historiques de l'homosexualité :

-          l'optique essentialiste : homosexualité biologique, congénitale, naturelle,

-          l'optique sociale : homosexualité acquise et développée selon le contexte social et familial.

Dans l'optique essentialiste, on naît homosexuel, on ne le choisit pas. L'homosexuel peut être sujet à traitement mais non puni. Il est considéré comme malade. Il mérite notre compréhension. Cette image est toujours valable pour de nombreuses personnes qui acceptent les homosexuels mais voient leur orientation comme une pathologie. Une autre variation sur le thème de l'homosexualité est le facteur hormonal. Hors en 1927 on a découvert que les hommes et les femmes produisent des hormones des deux sortes (mâle et femelle). D'où l'idée d'une bisexualité hormonale dans la quelle la proportion d'hormones masculines ou féminines déterminerait l'orientation sexuelle. Cette théorie permettait de prouver l'homosexualité chez une personne, indépendamment de sa propre opinion. Mais également, elle offrait la possibilité de guérir les gens. Cette théorie, jamais démontrée de façon convaincante, s'est incrustée elle aussi dans la culture populaire. Cependant, la théorie essentialiste ne saurait expliquer pourquoi tant de personnes changent d'orientation sexuelle au cours de leur vie.

Pour l’optique sociale, l'homosexualité n'est pas une simple préférence personnelle mais aussi une identité sociale. C'est ainsi qu'il s'est développé une identité « gay » qui se traduit non seulement par une orientation sexuelle mais aussi par une culture. Ici, il n'y a pas d'explication biologique, scientifique. Ce qui compte c'est l'auto définition de chaque individu selon les critères qui correspondent à son histoire aussi bien personnelle que sociale. On ne naît pas « homo », on le devient.

Jusqu'à il y a une vingtaine d'années, on tentait, en vain, de « guérir » les gens de l'homosexualité. Aujourd’hui, elle n'est plus considérée comme une maladie. Il est possible que l'homosexualité ait des composantes biologiques même si on ne les a pas encore trouvées. Il est certain qu'elle a des aspects sociaux et culturels. Et il ne fait aucun doute qu'elle comprend des éléments psychologiques, tant familiaux qu'individuels. Mais cela ne veut pas dire que les homosexuels ne présentent pas des problèmes psychologiques particuliers. Le but thérapeutique n'est pas qu’ils se sentent « normaux » mais qu'ils assument et apprécient leur différence.

Voici quelques recommandations pour les thérapeutes. Il ne faut jamais en rester au fait qu'une personne se dise homosexuelle. Il faut lui demander pourquoi, depuis quand, comment elle le sait… Il ne s'agit pas de découvrir la vérité mais de construire une narration personnelle. Le but n'est pas la connaissance, mais l'approbation de l'homosexualité pour soi. Il faut faire la différence entre orientation sexuelle et identité sexuelle (le fait d'assumer pleinement cette orientation). La première apparaît généralement pendant l'enfance, la seconde ne peut se développer qu'à l'âge adulte.

L’homophobie

De la même façon qu'il n'y a pas de définition unique de l'homosexualité, il n'y en a pas concernant l'homophobie. Sa signification change selon l'époque et le lieu. Il s'agit donc d'un phénomène social et culturel. On peut dire que l'homophobie n'est pas seulement la peur ou le rejet envers la relation homoérotique, mais aussi envers la confusion des genres. C'est à dire la peur qu'un homme cesse d'être un homme ou qu'une femme cesse d'être une femme.

Pourquoi l’homophobie ? L’homophobie est partout dans la culture, aussi bien dans les blagues et les ragots que dans les films, les livres, etc. Chez les hétérosexuels, l'homophobie légitime leur propre orientation sexuelle, leur fait sentir que leurs valeurs morales et leurs mœurs sexuelles sont naturelles et même supérieures. Qu'ils soient heureux ou non dans leur relation amoureuse et sexuelle, ils ont au moins la satisfaction de se sentir « normaux ». L'homophobie a donc pour fonction prioritaire de « normaliser » l'hétérosexualité et de lui donner un vernis de supériorité morale qu'elle n'aurait peut être pas autrement. Elle a aussi une autre fonction essentielle, elle permet à l'hétérosexuel de nier en lui même tout désir homoérotique, parce que nous avons tous des tendances en ce sens.

La « construction » homosexuelle

De l’adolescence à l’âge adulte

Suis-je homosexuel ? Cette question surgit généralement pendant l'adolescence, parfois à l’âge adulte. Elle n'aura pas de réponse claire immédiate. Le processus est long et difficile.

La relation entre un homme et une femme peut avoir pour but la procréation, mais peut aussi relever d'autre chose comme l'amour, la solitude, le pouvoir ou tout simplement le plaisir. Cependant, on a voulu donner à l'homosexualité une seule cause, une seule forme, une seule théorie. Il semble clair que, comme l'hétérosexualité, elle ait milles formes, milles causes et peut difficilement être comprise à travers une seule théorie. Pour construire son homosexualité, il y a deux types d’évolutions possibles. Dans la première, elle se développe à partir d'expériences objectives. Il y a d'abord les actes sexuels puis une conscience de l'homosexualité. Cette séquence est plus fréquente chez les hommes. Les femmes tendent à « s'initier » à travers la subjectivité et les sentiments. Dans cette seconde étape, la personne connaît d'abord les sentiments et le désir et passe ensuite à l'acte. Puis, dans les deux cas, l'homosexuel doit s'assumer lui-même puis faire face à la société. Cela prend en moyenne 15 ans, tandis qu’un hétéro se construit en 6 ans. Toute cette période comprend également la phase de confusion, de doute, de solitude, voire de honte que l’adolescent traverse. L’homo, dans de nombreux cas, passe donc une bonne partie de sa jeunesse dans des conflits intérieurs ou dans des relations problématiques. Ce qui peut expliquer son isolement et son immaturité dans certains domaines.

Durant toute sa jeunesse, l'hétéro adolescent est aidé dans sa construction sexuelle par la société contrairement à l'homo. A cause de plaisanteries ou de commentaires qu'il peut entendre, l'adolescent homosexuel s'identifie de moins en moins à ses camarades. Il peut alors se poser des problèmes d’alcool, de drogues, de prises de risques (MST) ou de dépression.

Pour s'identifier comme homo, le jeune devra faire le deuil de l'identité hétérosexuelle qui lui a été inculqué depuis toujours, même s'il n'en est pas tout à fait conscient. Ce deuil pourrait disparaître avec une extension des droits civiques (mariage et adoption).

Contrairement à une croyance populaire, beaucoup d'homosexuels ont eu des expériences hétérosexuelles (pour essayer ou pour nier leur homosexualité). Ce genre d'exploration fait partie de l'expérience. Par contre découvrir son homosexualité tardivement n'est pas facile. On peut être désorienté voire même terrifié. C'est une sorte de seconde adolescence avec ce que cela implique. On se sent libéré, on découvre une identité affective et érotique nouvelle mais aussi on manque de confiance en soi, on est impulsif, incertain, irresponsable. C'est une phase qui, comme pour les ados, passera.

Voici quelques recommandations pour les thérapeutes. Un adolescent qui découvre des désirs homosexuels risque de s'angoisser à l'extrême. Il est important de lui expliquer que l'identité sexuelle est faite de beaucoup de couches, que c'est complexe. Le désir ne fait pas l'homosexualité, et les actes n'y suffisent pas non plus. Il doit comprendre que les désirs homosexuels sont normaux et même communs à son âge car il explore et développe sa sexualité. Il faut travailler avec lui afin d’identifier les problèmes de cette population (isolement social, isolement émotionnel, isolement cognitif).

La communauté

Contrairement à un noir, un arabe, un juif, un homosexuel ne sait pas ce que veut dire appartenir à une minorité. Il débarque dans un monde nouveau dont il doit apprendre le langage, les signes, les règles. Quand il fait la connaissance de ses semblables, il apprend qu'il n'est plus seul. Il comprend ainsi qu'il appartient à une communauté. Les homosexuels qui constituent cette communauté, comme toute minorité opprimée, doivent avoir les mêmes droits que la majorité. Ceci tout en maintenant une identité culturelle propre. C'est l'objectif des associations gay depuis les années 90.

De plus, si les homosexuels cherchent la compagnies d'autres homos, c'est pour pouvoir parler de leur vie en des termes normaux, comme tout le monde. Cette compagnie forme une sorte de famille d'élection. Les amis jouent le rôle de la famille, la vraie étant souvent plus difficilement accessible, et c'est pour ça que les homos passent beaucoup de temps avec eux.

La famille

Pour commencer, il faut savoir que le sentiment de culpabilité chez les parents est une idée très exagérée. Elle dérive en grande partie de la vision mélodramatique de l'homosexualité qui prédomine dans la culture populaire. Ceci dit les parents doivent, comme l’homosexuel qui s’est construit, renoncer à toute une série de projets qu'ils ont chéris et cultivés pendant de longues années. Pour les thérapeutes, il est essentiel de travailler sur leur sentiment de perte.

Il est important également que l'enfant comprenne le deuil de ses parents et qu'il leur donne le temps d'accepter une réalité qui lui a donné, à lui aussi, des problèmes, des doutes et de la confusion.

Voici quelques recommandations pour les thérapeutes. Il faut prendre conscience des préjugés (que l'on partage ou non), ne pas tomber dans le piège de chercher des causes, ne jamais essayer de modifier l'orientation sexuelle de quelqu'un.

Sortir du placard

Aucun homosexuel, même s'il a parfaitement assumé son orientation, ne peut dire qu'il est définitivement et totalement sorti du placard. Il y aura toujours des personnes ou des situations nouvelles et dans lesquelles il sera considéré comme hétérosexuel jusqu'à preuve du contraire. Tout simplement parce que la société présume, automatiquement, que tout le monde est hétéro. De plus, dans certains cas, il faudra feindre d'être hétéro (recherche de logement, d'emploi...).

Dans ce cas, pourquoi en sortir ? Pourquoi est-il important que les homosexuels s'identifient, se nomment et se décrivent ? C'est pour l'intégrité personnelle mais aussi afin de lutter pour leurs droits civiques. Ainsi, se dire homo, c'est récupérer une identité propre et non imposée, se classer pour ne plus être classé. Mais aussi, sortir du placard, c'est entrer dans la communauté « gay ».

Pourtant faire son « comming out » est une arme à double tranchant. Le refus de la clandestinité débouche sur une nouvelle étiquette. L'homosexualité devient un attribut essentiel. Il faut donc peser ce qu’il en coûtera de le faire mais aussi de ne pas le faire.

Car lorsque l'homosexuel sort du placard, il ne le fait jamais seul. Il entraîne se famille qui va vivre ce qu'il a vécu (à qui le dire ou pas et comment ?). Il entraîne également son partenaire.

Comment sortir de la clandestinité ? Pour annoncer son homosexualité, il vaut mieux y aller progressivement. Un ami, un cousin, un oncle, un frère puis les parents. Cela permet de mettre en place un réseau d'appui sur lequel on pourra compter. Cela permet également de tâter le terrain, de "s'exercer". Car il sera plus difficile de le faire dans une famille dont les membres ne partagent pas leur vie affective. De même ce sera plus dur pour l'aîné ou pour l'enfant unique en qui on met tous les espoirs de descendance. Donc, bien peser le pour et le contre et le faire au bon moment.

Voici quelques recommandations pour les thérapeutes. Il faut aider les jeunes à annoncer leur homosexualité grâce à des exercices. Des études ont montré que les homosexuels qui sortent du placard sont beaucoup moins exposés à la dépression et à l'anxiété.

Le couple homosexuel

Contrairement aux clichés répandus, il y a bien plus de couples homosexuels qu'on ne le croit. Mais ils sont  invisibles car non reconnus pas la société.

Pourquoi ce couple est-il instable ? En fait, il n’a pas de repère durant sa vie comme en a le couple hétérosexuel (fiançailles, mariage, enfant…). De fait, aussi, le couple homosexuel n’a pas besoin de maintenir sa relation pour les enfants, ni pour les apparences, ni à cause de pressions familiales. Ceci est la principale explication de son instabilité. Pour se renforcer, le couple a besoin de projet. S’amuser ne suffit pas et surtout ne dure pas. Et pourtant la relation part souvent de là. Pour se rencontrer, les homosexuels n'ont quasiment que les lieux où se réunissent les homos. Et ceux-ci n'ont souvent rien en commun sinon leur orientation sexuelle. Cela donne des relations superficielles et généralement éphémères.

La spécificité du couple féminin : 

La notion de sexe « faible », sexe « fort », donné par la société, prend toute sa signification dans le couple lesbien. A cause de cela, le fait que deux femmes puissent s’affranchir entièrement des hommes gênent les hétérosexuels (homme ou femme). C’est ainsi qu’on entend souvent dire que les lesbiennes sont « masculines » car elles s’adaptent à des tâches dévolues habituellement aux hommes (bricolage, mécanique…). Mais ce qui pose problème, c’est que cette relation a un prix économique. C'est, des trois types de relations (hétérosexuelle, homosexuelle masculine et homosexuelle féminine), celle qui a le niveau de vie le moins élevé. Car, en général, les femmes gagnent moins que les hommes.

Cependant cette relation a d’autres caractéristiques qui à première vue peuvent paraître positives. De part leur éducation, les femmes ont appris à s’occuper des autres (grâce aux poupées, à la dînette…). C'est pourquoi on observe parfois une sorte de surprotection réciproque dans le couple lesbien. De même les femmes, dans beaucoup de cas, cèdent la place à l'autre, elles écoutent avec attention mais parlent peu de leurs propres inquiétudes. Le danger de ce fort rapprochement est que cela peut mener à la fusion ce qui met en danger l'autonomie et même l'identité de chaque individus. Ces difficultés dans le domaine de l'autonomie explique en grande parti que le couple lesbien a le taux de séparation le plus élevé et la durée la plus courte (5 ans en moyenne) de tous les types de couples. Enfin, toujours à cause de leur éducation, les femmes ne sont pas accoutumées à prendre l'initiative pour les questions de sexualité. La relation lesbienne est la moins sexuelle de toute et cette activité diminue avec le temps.

Pour finir, cassons les préjugés. Le vieux stéréotype d'une femme dominante et d'une autre soumise dans le couple féminin est obsolète, que ce soit dans la vie quotidienne ou sexuelle.

Voici quelques recommandations pour les thérapeutes. Il faut promouvoir des espaces physiques individuels au sein du logis. De même, les temps et les activités individuels sont importants pour éviter ce phénomène de fusion. Du fait de l’absence d’homme, les deux femmes se répartissent les tâches. Il faut périodiquement redéfinir le « qui fait quoi ? ». Enfin il est nécessaire de changer les routines (horaire, endroit, et manière de faire) sexuelles.

La spécificité du couple masculin :

L'homosexualité masculine a été marquée par la révolution sexuelle et la libération gay (comme le lesbianisme contemporain). Mais dans son cas, s'ajoute un autre facteur, le sida. Ce qui a donné naissance à une communauté qui n'existait pas auparavant. Avant l’apparition de la maladie, l’homosexualité est passée du stade de destin malheureux à celui de vie librement choisi. Cela a développé les pratiques sexuelles libres (à plusieurs ou sans lendemain). Et puis les relations sont devenues plus stables. Ceci dit, chez les couples masculins, la relation part souvent d'une rencontre sexuelle, contrairement aux femmes ou aux hétérosexuels. La seule relation sexuelle ne suffit pas pour établir un couple. Si le sexe devient le critère central pour continuer, la relation aura tendance à se dissoudre. La difficulté consiste donc à passer du sexe à l'amour, d'autant plus que le couple masculin est souvent hétérogène (âge, origine sociale…). Mais, à l'inverse des femmes, les hommes parlent moins de leurs sentiments, s'écoutent moins et se disputent plus. Ils vont plus volontiers parler de leurs problèmes avec des amies, femmes, plutôt qu’avec leur compagnon. La communication est pourtant nécessaire car, en plus des problèmes classique de couple (notamment chez les hommes le soucis de garder leur indépendance), se pose chez les gay la question du couple « ouvert » ou « fermé », c’est à dire monogame ou non. Il convient dans ce cas là d’établir des règles et de s’y tenir. N’oublions pas que le sexe joue un rôle très important dans la relation masculine. Cependant, la jalousie n’est pas toujours absente.

Pour finir, cassons les préjugés ici aussi. Comme chez les lesbiennes, il n'est plus vrai de dire qu'il y a des homos « masculins » et « féminins » chez les hommes, de même il n'y a plus d'exclusivité dans les rôles « actifs » et « passifs ». Les conduites sexuelles entre hommes sont d'une grande variété et la pénétration n'est nullement pour eux une composante essentielle du sexe, d'ailleurs tous ne la pratiquent pas. Enfin il semblerait que beaucoup de couples gay aujourd'hui aspirent à une certaine stabilité de couple.

Voici quelques recommandations pour les thérapeutes. Il faut négocier quelques règles de bases pour la relation. Et en profiter pour se demander à quoi servent les relations hors couple. Il faut tenter de rapprocher les deux hommes. Même s’ils ne vivent pas ensemble, il faut qu’ils se ménagent un espace commun afin de limiter ce besoin d’indépendance (tout en le respectant). Enfin, et ceci est valable pour le couple lesbien, il ne faut jamais essayer de ramener le couple homo au modèle hétéro.

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09 septembre 2006

Noir et français

Peut-on déterminer la nationalité de quelqu’un en fonction de sa couleur de peau ? Il y a quelques siècles peut être. Mais aujourd’hui une telle conclusion n’est pas possible. Les mouvements de populations (volontaires ou forcés) sont constants dans un monde qui bouge. Migrations et immigrations se font dans tous les sens et pour toutes les raisons possibles et imaginables.

Et pourtant on entend trop souvent des gens faire la différence entre un noir et un français. Les cas les plus flagrants sont sans doute dans le sport. Et là on se trouve très souvent face à une énorme hypocrisie de la part des supporters. Prenons l’équipe de France de foot comme exemple. Lorsque cette équipe perd (comme en Corée en 2002), on entends des supporters dire : « ce n’est plus l’équipe de France avec tout ces noirs ! ». Prenez la même équipe, à quelques changements de joueurs prêt, qui gagne (en 1998 par exemple). Les mêmes supporters vous dirons : « on a gagné la coupe du monde », « on est les meilleurs ». Non seulement ils s’attribuent une victoire qui n’est pas la leur. Après tout qui était sur le terrain et qui était sur son canapé ? (mais ceci est un autre débat). Mais en plus, et c’est là qu’ils sont vraiment hypocrites, ils sont fiers que ces joueurs noirs soient dans cette équipe. Ces joueurs qu’ils insultent à un autre moment parce qu’ils perdent.

Donc pour être français, un sportif noir devrait absolument gagner ?

Une seule chose détermine la nationalité de quelqu’un : ses papiers d’identité. Quelles que soient sa couleur de peau, sa religion, son nom (…) un être humain est français à partir du moment où il est écrit « nationalité française » sur sa carte d’identité.

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11 septembre 2006

Pubs

J'espère que Bush à vu ces pubs de MTV. En tout cas il devrait y réfléchir...

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