09 septembre 2006
Noir et français
Peut-on déterminer la nationalité de quelqu’un en fonction de sa couleur de peau ? Il y a quelques siècles peut être. Mais aujourd’hui une telle conclusion n’est pas possible. Les mouvements de populations (volontaires ou forcés) sont constants dans un monde qui bouge. Migrations et immigrations se font dans tous les sens et pour toutes les raisons possibles et imaginables.
Et pourtant on entend trop souvent des gens faire la différence entre un noir et un français. Les cas les plus flagrants sont sans doute dans le sport. Et là on se trouve très souvent face à une énorme hypocrisie de la part des supporters. Prenons l’équipe de France de foot comme exemple. Lorsque cette équipe perd (comme en Corée en 2002), on entends des supporters dire : « ce n’est plus l’équipe de France avec tout ces noirs ! ». Prenez la même équipe, à quelques changements de joueurs prêt, qui gagne (en 1998 par exemple). Les mêmes supporters vous dirons : « on a gagné la coupe du monde », « on est les meilleurs ». Non seulement ils s’attribuent une victoire qui n’est pas la leur. Après tout qui était sur le terrain et qui était sur son canapé ? (mais ceci est un autre débat). Mais en plus, et c’est là qu’ils sont vraiment hypocrites, ils sont fiers que ces joueurs noirs soient dans cette équipe. Ces joueurs qu’ils insultent à un autre moment parce qu’ils perdent.
Donc pour être français, un sportif noir devrait absolument gagner ?
Une seule chose détermine la nationalité de quelqu’un : ses papiers d’identité. Quelles que soient sa couleur de peau, sa religion, son nom (…) un être humain est français à partir du moment où il est écrit « nationalité française » sur sa carte d’identité.
15 septembre 2006
Service Civique
Le petit Nicolas est en train de s’approprier le Service Civique. J’ai peur qu’il gâche cette merveilleuse idée. Qu’il en fasse un outil de contrôle des jeunes. Qu’il l’utilise pour des raisons économiques (mains d’œuvre gratuite) au lieu d’en faire un outil d’entraide. Voilà ce qu’on pourrait en faire, sans lui !
Comment je vois le Service Civique ? Je le vois social, humanitaire, formateur, international et obligatoire.
Prenons deux problématiques de notre époque. Les jeunes trouvent difficilement un travail après leurs études. On leur sert souvent cet argument : « pas assez d’expérience ! » Le second problème est social et humanitaire. Un trop grand nombre de gens est dans la détresse, que ce soit en France ou dans le reste du monde. Voilà deux problèmes qu’il faut essayer de résoudre pour le bien de l’Humanité. Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ?
Je pense que le Service Civique peut répondre à ça. On doit pouvoir proposer des missions aux jeunes dans leur spécialité (pour traiter le problème de l’expérience) que ce soit en France ou dans les pays pauvres (pour traiter le problème humanitaire). Par exemple, un futur enseignant peut partir dans un pays francophone en voie de développement enseigner sa matière, un futur mécanicien aéronautique devrait aller faire la maintenance d’avions où ceux ci sont en mauvais états, un futur médecin peut s’occuper de SDF en France… Pour les jeunes qui ne font pas suffisamment d’études pour avoir une spécialité, c’est l’occasion de leur proposer quelque chose et, pour eux, de faire des essais afin de s’orienter. Bien sur les jeunes doivent être encadrés pas des professionnels qui seront embauchés pour ce travail. Ils seront suivis dans leurs actions par des salariés (création d’emplois au passage) spécialisés dans leur discipline et/ou dans le social et l’humanitaire.
Afin que son impact soit le plus large possible et le plus durable, le Service Civique doit être international et doit donc être soutenu par la communauté internationale. L’idéal serait qu’il soit adopté dans tous les pays dit industrialisés et à destinations de tous les autres. Pour le financement, il suffit de « détourner » une grande partie des crédits militaires et de les réaffecter à ce programme !
Le Service Civique pourrait entretenir les liens sociaux et la mixité, entre jeunes des banlieues pauvres et des banlieues riches, entre jeunes de différentes confessions… Il permettrait d’ouvrir de nouvelles voies à la solidarité, de rassembler les gens. C’est une expérience qui doit être mise au service des jeunes, lesquels rendent service à l’humanité.
Je pense que toutes les branches existantes peuvent trouver un écho dans l’humanitaire. Il faut que ce Service soit orienté exclusivement vers ceux qui sont dans le besoin et ne peuvent pas s’en sortir seuls.
Pour aller un peu plus loin, de la même manière qu’on propose aux jeunes de faire ce Service dans leur spécialité, pourquoi ne pas proposer aux « adultes » de le faire ? De façon uniquement volontaire.
25 octobre 2006
Idées reçues sur l'immigration
Article du journal « L’age de faire » du mois d’Octobre 2006
Cinq idées reçues sur l’immigration
Les nouvelles lois françaises sur l’immigration entérinent des idées fausses, souvent relayées par les médias et admises par l’opinion.
Pedro Vianna, rédacteur en chef de la revue Migration et Société, revient sur cinq idées reçues.
Tout le monde veut venir en France
« Certes, la France est un vieux pays d’immigration. Il y a toujours un flux régulier de demandes d’asile, venant notamment des anciennes colonies. La situation a changé néanmoins, même si beaucoup de Français sont toujours persuadés que le monde entier veut venir chez eux. La situation économique de notre pays et la discrimination dont sont victimes les étrangers font que beaucoup préfèrent tenter leur chance ailleurs. »
Il y a de plus en plus d’immigrés
« Il n’y a plus eu de grosses vagues d’immigration depuis les années 70. L’immigration est déjà contrôlée, nous sommes loin de l’invasion fantasmée par certains. Les nouvelles lois n’ont rien inventé. Elles suivent le cours de la politique existante en matière d’immigration depuis une vingtaine d’années, qui est d’ailleurs commune à toute l’Europe : liberté de circulation au sein de l’espace Schengen et verrouillage sélectif des frontières extérieures. Cela peut surprendre, mais la part d’immigrés dans la population française est stable, de 7 à 8 % depuis plus d’un siècle. »
Sans contrôle, toute la misère du monde va venir en France
« Les plus pauvres ne partent pas, car migrer coûte très cher. En outre, plus de la moitié des migrations internationales se font du Sud vers le Sud. La plupart des migrants sont relativement aisés dans leur pays d’origine, et qui plus est souvent diplômés. Ce n’est pas l’éthiopien qui meurt de faim qui va immigrer, mais plutôt l’ingénieur ou l’enseignant. »
Trop nombreux, les clandestins coûtent cher à l’état
«Les clandestins n’étant pas, de fait, facilement dénombrables, on les dit innombrables. C’est faux. Entre 200 000 et 400 000, selon l’État Français, cela ne représente pas grand-chose sur une population de 60 millions (entre 0,3 et 0,5% !) Quant à ce qu’ils coûtent, les pouvoirs publics luttent contre l’immigration clandestine, mais pas vraiment contre le travail clandestin. Toute une économie en vit. Les sans papiers constituent un vivier de main d’œuvre corvéable à merci et bon marché.»
La France traverse une phase xénophobe
« La logique du bouc émissaire n’est pas nouvelle. Elle est systématique en cas de crise identitaire ou économique. Aujourd’hui, les institutions supranationales (Europe, ONU, etc.) prennent le dessus sur les états-nations, d’où une perte de repères pour les populations, ce qui crée un attachement compulsif à la nationalité.»
Toujours la même Histoire…
« Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des noirs [...] » Jacques Chirac, 1991.
Contrairement à une idée communément répandue, les différences physiques, culturelles et religieuses ont de tout temps été prétexte à la xénophobie. Chaque crise économique a eu son lot de discrimination et de rengaines sur les étrangers. En 1870, on reproche déjà tout aux Italiens : leurs vêtements en drap, leur alimentation à base de riz et de macaronis. Des trains entiers de transalpins sont même renvoyés chez eux par une foule en furie. A Marseille, une chasse à l’italien fera officiellement 3 morts et 21 blessés.
« Ils ne pourront jamais s’intégrer » déclare un préfet du Nord à propos des Polonais : trop catholiques ! Ils prient debout… Même reproche aux Napolitains arrivés à Marseille en 1890 : leur foi provoque un sentiment de rejet dans la population française, déjà fortement déchristianisée. Au début des années 30, la xénophobie est à son paroxysme avec 16 % de la population active au chômage. « Nous ne souffrons pas d’une crise de chômage national, mais d’une crise d’invasion étrangère » s’écrie un député en 1931. Et un sénateur, en 1938 : « L’étranger nous arrache le pain de la bouche ». Un député de l’Ain, encore, il y a plus de cinquante ans : « Jamais, dans la masse immigrante, on n’avait relevé une telle proportion d’éléments perturbateurs. Notre territoire semble être devenu le refuge des gens louches de tous pays »… Des phrases qui font écho à certains propos entendus récemment…
d’après la brochure pédagogique L’immigration des Renseignements Généreux.
22 janvier 2007
Même pas honte
Comment un homme comme le "président" de la république ose-t-il rendre hommage, sans avoir honte, à un homme comme l'Abbé Pierre? Comment le petit nicolas, qui favorise la misère humaine avec sa politique, peut-il être attristé par cette disparition?
L'Abbé Pierre s'est battu toute sa vie contre les politiques anti sociales des chirac, sarko et compagnie! Et sans rougir ils veulent racheter leurs péchés en saluant la mémoire de ce véritable humaniste! Sans commentaire...
Je ne crois pas en dieu mais j'espère qu'il trouvera enfin le repos.

