Le chemin du Mouton Noir

Pensées, coups de gueules, articles (...) sur les OGM, la non-violence, le petit Nicolas, l'Humanité (...)

25 octobre 2006

Idées reçues sur l'immigration

Article du journal « L’age de faire » du mois d’Octobre 2006

Cinq idées reçues sur l’immigration

Les nouvelles lois françaises sur l’immigration entérinent des idées fausses, souvent relayées par les médias et admises par l’opinion.

Pedro Vianna, rédacteur en chef de la revue Migration et Société, revient sur cinq idées reçues. 


Tout le monde veut venir en France

« Certes, la France est un vieux pays d’immigration. Il y a toujours un flux régulier de demandes d’asile, venant notamment des anciennes colonies. La situation a changé néanmoins, même si beaucoup de Français sont toujours persuadés que le monde entier veut venir chez eux. La situation économique de notre pays et la discrimination dont sont victimes les étrangers font que beaucoup préfèrent tenter leur chance ailleurs. »

Il y a de plus en plus d’immigrés

« Il n’y a plus eu de grosses vagues d’immigration depuis les années 70. L’immigration est déjà contrôlée, nous sommes loin de l’invasion fantasmée par certains. Les nouvelles lois n’ont rien inventé. Elles suivent le cours de la politique existante en matière d’immigration depuis une vingtaine d’années, qui est d’ailleurs commune à toute l’Europe : liberté de circulation au sein de l’espace Schengen et verrouillage sélectif des frontières extérieures. Cela peut surprendre, mais la part d’immigrés dans la population française est stable, de 7 à 8 % depuis plus d’un siècle. »

Sans contrôle, toute la misère du monde va venir en France

« Les plus pauvres ne partent pas, car migrer coûte très cher. En outre, plus de la moitié des migrations internationales se font du Sud vers le Sud. La plupart des migrants sont relativement aisés dans leur pays d’origine, et qui plus est souvent diplômés. Ce n’est pas l’éthiopien qui meurt de faim qui va immigrer, mais plutôt l’ingénieur ou l’enseignant. »

Trop nombreux, les clandestins coûtent cher à l’état

«Les clandestins n’étant pas, de fait, facilement dénombrables, on les dit innombrables. C’est faux. Entre 200 000 et 400 000, selon l’État Français, cela ne représente pas grand-chose sur une population de 60 millions (entre 0,3 et 0,5% !) Quant à ce qu’ils coûtent, les pouvoirs publics luttent contre l’immigration clandestine, mais pas vraiment contre le travail clandestin. Toute une économie en vit. Les sans papiers constituent un vivier de main d’œuvre corvéable à merci et bon marché.»

La France traverse une phase xénophobe

« La logique du bouc émissaire n’est pas nouvelle. Elle est systématique en cas de crise identitaire ou économique. Aujourd’hui, les institutions supranationales (Europe, ONU, etc.) prennent le dessus sur les états-nations, d’où une perte de repères pour les populations, ce qui crée un attachement compulsif à la nationalité.» 

Toujours la même Histoire…

« Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des noirs [...] » Jacques Chirac, 1991.

Contrairement à une idée communément répandue, les différences physiques, culturelles et religieuses ont de tout temps été prétexte à la xénophobie. Chaque crise économique a eu son lot de discrimination et de rengaines sur les étrangers. En 1870, on reproche déjà tout aux Italiens : leurs vêtements en drap, leur alimentation à base de riz et de macaronis. Des trains entiers de transalpins sont même renvoyés chez eux par une foule en furie. A Marseille, une chasse à l’italien fera officiellement 3 morts et 21 blessés.

« Ils ne pourront jamais s’intégrer » déclare un préfet du Nord à propos des Polonais : trop catholiques ! Ils prient debout… Même reproche aux Napolitains arrivés à Marseille en 1890 : leur foi provoque un sentiment de rejet dans la population française, déjà fortement déchristianisée. Au début des années 30, la xénophobie est à son paroxysme avec 16 % de la population active au chômage. « Nous ne souffrons pas d’une crise de chômage national, mais d’une crise d’invasion étrangère » s’écrie un député en 1931. Et un sénateur, en 1938 : « L’étranger nous arrache le pain de la bouche ». Un député de l’Ain, encore, il y a plus de cinquante ans : « Jamais, dans la masse immigrante, on n’avait relevé une telle proportion d’éléments perturbateurs. Notre territoire semble être devenu le refuge des gens louches de tous pays »… Des phrases qui font écho à certains propos entendus récemment…

d’après la brochure pédagogique L’immigration des Renseignements Généreux.

Posté par leprez à 13:00 - Humanité - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Chassez le naturel...

Décidemment, rien de nouveau sous le soleil !Chômage, insécurité...Les bruits et les odeurs, c'est de leur faute !

18 ou 20% pour Neunoeil cette année ?

Posté par Crabillou, 14 février 2007 à 06:40

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